Un système d’irrigation ancestral
L’origine de la foggara remonte à plusieurs millénaires. Adoptée dans la Perse antique, elle se serait répandue dans le bassin méditerranéen avec le développement de l’empire achéménide, entre 550 et 330 av. J.-C.
L’usage de la foggara se répand vers la partie occidentale du Sahara avec l’expansion arabo-musulmane, d’où le nom algérien de ce système, qui dérive du mot arabe Fakara (creuser). On en trouve aujourd’hui aussi bien en Iran : le “qanat”, qu’au Maroc, la “khettara”, en passant par la péninsule arabique.
Croisement entre plusieurs séguias, Algérie © Rachid, Bellil, 2016 / iStock
Cette technique repose sur un puis creusé dans un sol aride, qui permet d’atteindre les nappes phréatiques profondes. Captée en altitude, l’eau est conduite en aval dans des tunnels souterrains, grâce à la gravité. Une fois l’eau à la surface, son débit est divisé et réparti par un “qasrî” un “peigne”, percé de trous de tailles différentes, qui redirige le flux dans de petites rigoles, jusqu’à atteindre les parcelles à irriguer.
Sur la majeure partie de son parcours, l’eau est donc à l’abri du soleil brûlant et de l’évaporation. De plus, le flux d’eau reste constant : les foggaras sont particulièrement bien adaptées aux régions arides du sud de l’Algérie.

la foggara du Touat – Crédit : UNESCO
Une organisation sociale collective
Les foggaras permettent l’arrivée de l’eau, et donc le développement de la vie animale et végétale au cœur du désert où les pluies sont extrêmement rares. Dans ces oasis, des populations humaines cultivent ainsi des palmiers-dattiers, des légumes et des céréales depuis des siècles.
« Certains ksour, – des villages fortifiés – aujourd’hui encore, ne doivent leur survie qu’à ce mode d’adduction et d’irrigation si originale », explique Abderrahmane Moussaoui,…
Auteur: Eloi Boye

