Risoul (Hautes-Alpes), reportage
La forêt de mélèze flamboie sous le ciel bleu de cette fin d’automne, encadrant de reflets dorés la station de ski de Risoul, dans les Hautes-Alpes. « C’est ici qu’ils vont couper les arbres pour construire des hôtels de luxe », dit Sylvie Renaudat au détour d’un chemin qui s’élève au-dessus de la station, construite à 1 850 mètres d’altitude.
Depuis que Sylvie et Serge Renaudat y ont acheté un appartement, il y a quarante ans, la station n’a pas cessé d’être grignotée par le béton. « En 1976, quand je suis venu pour la première fois à Risoul, j’ai été subjugué par le côté sauvage de cette petite station. On skiait au milieu des mélèzes, se souvient Serge. Ça a bien changé depuis… »
Risoul 1850, qui dépend d’une commune éponyme de moins de 700 habitants, compte déjà une quarantaine d’immeubles et de chalets pour une capacité d’accueil d’environ 18 300 lits, dont 80 % sont des « lits froids » occupés moins de trois semaines par an. Mais les constructions sortent toujours de terre à un rythme effréné dans la station, où la mairie prévoit d’ouvrir 7 000 nouveaux lits : au pied de la station, les fondations d’un projet abandonné jouxtent l’ossature d’un immeuble en construction. Plus loin, c’est un hôtel de 70 chambres qui doit être érigé, tandis que sur les hauteurs, un projet de quartier touristique — nommé le « Hameau des grands bois » — menace de remplacer 9 hectares de forêt par trois hôtels de luxe (environ 2 500 lits touristiques).
C’est ce dernier projet qui cristallise la colère de Sylvie et Serge, et celle des membres de Risoul 1850 Association des propriétaires (RAP). La parcelle choisie pour accueillir cette nouvelle unité touristique fait en effet partie d’une forêt reboisée dans les années 1980 pour compenser les effets de la création de la station. Elle héberge aujourd’hui…
Auteur: Baptiste Soubra, Lyse Mauvais

