Ce reportage est réalisé dans le cadre de la résidence de journaliste « médias alternatifs et défis environnementaux », créée par les chercheuses Audrey Alvès et Carole Bisenius-Penin, membres du Centre de recherche sur les médiations (Crem) de l’université de Lorraine, en partenariat avec Reporterre.
Lorry-Mardigny (Moselle), reportage
La dualité est tatouée dans le paysage et l’histoire de Lorry-Mardigny, commune rurale composée de deux bourgs, 25 km au sud de Metz. Entre 1870 et 1918, alors annexée comme toute l’Alsace-Moselle à l’Empire allemand, elle a joué le rôle de commune frontalière, avec un système défensif dressé sur l’une de ses collines.
Aujourd’hui, Lorry-Mardigny est située pile à la frontière de la Moselle, au nord, et de la Meurthe-et-Moselle, au sud. Et le territoire autour de la commune, percé à plusieurs reprises par des carrières, montre deux facettes de la renaturation de ces espaces exploités pour les activités humaines. L’une est un succès écologique, l’autre montre la nécessité de penser l’après si on veut un minimum de réussite.
Anne-Marie Dufour a vécu dans la commune jusqu’à ses 20 ans. Elle se souvient que le chantier de l’autoroute A31, qui traverse la Lorraine du nord au sud, est à l’origine de l’ouverture d’une carrière dans le nord de la commune en 1970. Auparavant, il y avait bien eu quelques exploitations de pierres calcaires — pour construire des églises, des maisons ou servir de fondations à des routes —, mais pas de la même ampleur pour le paysage. La campagne servait surtout à faire pâturer des ovins, contribuant à la création d’une pelouse calcaire (ou pelouse sèche), un paysage qui s’est raréfié en France, avec une faune et une flore très spécifiques.
Pétition et « gros ramdam » contre la carrière
La population du village n’était pas trop inquiète au début. Puis, comme l’exploitation s’est…
Auteur: Mathilde Doiezie

