Haute-Garonne, reportage
Malgré la brume matinale, entre Saint-Jory et Castelnau-d’Estrétefonds, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, de nombreux cyclistes et coureur arpentent la rive qui longe le canal latéral à la Garonne. En face, sur l’autre berge, des cabanes au sol et dans les arbres retiennent parfois leur attention.
Depuis le 30 août, des militantes et militants écologistes ont investi ce bois pour empêcher la SNCF de procéder à des coupes d’arbres dans le cadre des aménagements ferroviaires du nord de Toulouse (AFNT), travaux préalables à ceux de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse. Craignant un passage en force, les activistes appellent à un rassemblement à la zad samedi 9 novembre, à 13 heures.
« Bienvenue à la Guinguette vaillante », lance Clément, l’un des occupants du lieu. Un feu ardent et un café qui finit de bouillir permettent à la dizaine de personnes présentes de se réchauffer. « Il n’y a pas beaucoup de monde qui sait ce qui se joue ici, raconte Clément. Même les locaux, les gens qu’on croise sur l’autre berge. Ils connaissent le projet de LGV, mais ne se rendent pas compte des implications concrètes pour la nature qu’ils ont l’habitude d’arpenter, sur tous ces arbres d’alignement. Très peu d’information circule. »
Les aménagements prévoient la construction de 73 kilomètres de nouvelles voies ferrées entre Toulouse et Castelnau-d’Estrétefonds. Objectif : doubler les deux voies existantes et ainsi « répondre aux enjeux de desserte du territoire […] en compatibilité avec la future ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) », selon les documents de la SNCF. Le coût total de ces travaux préliminaires est estimé à près de 1 milliard d’euros, alors que l’ensemble du projet de la LGV Bordeaux-Toulouse-Dax à environ 14,3 milliards.
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

