Présentation des résultats de recherches ayant duré plusieurs années au plus près des « entrepreneurs de rue » dans des bidonvilles au Kenya et en Afrique du Sud.
Historiquement, en Afrique comme ailleurs, l’urbanisation et l’industrialisation sont généralement allées de pair. Les villes se développent autour des usines ; à leur tour, les usines alimentent l’expansion des villes en attirant les travailleurs de l’arrière-pays rural.
Mais aujourd’hui, dans une grande partie des pays en développement, l’urbanisation et l’industrialisation sont devenues dissociées : les villes s’étendent sans que de nouvelles usines apparaissent.
Des emplois pour quelques-uns, la pauvreté pour le plus grand nombre
Bien entendu, les usines ne sont plus la panacée qu’elles représentaient autrefois ; il n’en demeure pas moins que l’équilibre entre la disponibilité du travail et le nombre de personnes vivant dans les villes des pays en développement a été rompu.
En 1975, la population des pays à faible revenu s’élevait à quelque 75 millions de personnes. Elle est aujourd’hui d’environ 300 millions d’individus (et devrait passer à près de 750 millions d’ici à 2070). Or le PIB par habitant de ces pays n’a augmenté que de 0,26 % au cours des trente dernières années, et leurs perspectives économiques pour les décennies à venir sont très inquiétantes.
L’urbanisation galopante a donc donné lieu à une intensification tout aussi galopante des inégalités. Les bidonvilles, qui se caractérisent par une grande pauvreté, une surpopulation importante et de graves lacunes en matière de services de base, sont une caractéristique de plus en plus courante du paysage urbain des villes des pays en développement.
Les chiffres récemment publiés par l’ONU montrent que 1,1 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des bidonvilles de par le monde. En Afrique subsaharienne, les bidonvilles…
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Auteur: Philip O’Donnell, Assistant Professor in entrepreneurship, Dublin City University

