Mayotte, reportage
Dans le quartier informel de Mavadzani, réputé pour être le plus grand bidonville de l’île, de nombreuses cases de fortunes sont déjà de nouveau debout sur la colline dévastée, située au village de Majicavo Koropa, dans la commune de Koungou. Un concert de marteaux contre les tôles retentit dans tout le voisinage. « C’est vraiment le son que je retiendrai », note Ulysse, habitant une résidence à proximité du quartier de fortune.
Alors que le vent et la pluie donnaient encore de la voix à Mayotte, on entendait déjà les coups de marteau contre les tôles tombées à terre. Le cyclone Chido à peine passé, les habitants ayant vu leurs maisons s’effondrer s’attelaient à la tâche de remettre leur toit sur pied.
« Ce n’est que du matériel, ça va aller », disait un habitant en train de reconstruire sa barrière. « On n’a pas le choix, on n’a plus de maison et nulle part où aller », expliquait une bande de jeunes vivant dans la commune de Sada, en train de rassembler les tôles de leur ancienne maison.
« Mon papa est en train de reconstruire notre maison », décrivait une petite fille venue spontanément nous parler. Marteaux, scies, pieds de biche… Tous les outils qui ont pu être mobilisés sont de sortie. Certains ont racheté des tôles neuves pour une vingtaine d’euros chacune.
« On dort dehors »
Les constructions montées à la hâte sont aussi précaires que les précédentes, celles qui n’ont pas résisté au vent. La pauvreté et l’urgence empêchent de faire autrement. « On dort dehors », rappelle Saïd, un marteau à la main. Si des hébergements d’urgence sont mis en place, notamment dans les établissements scolaires, certains habitants du bidonville ne sont pas vraiment au courant qu’il y en a, aucune autorité n’étant venu les informer.
Crainte de se faire interpeller par la police
De plus, un habitant nous confie que plusieurs craignent de se…
Auteur: Marine Gachet

