Dans les colonies françaises d’outre-mer : une colère lycéenne oubliée et réprimée


Les médias français basés en métropole n’en parlent pas, mais la jeunesse lutte aussi dans les Antilles et dans l’océan Indien. Elle a même été à l’avant-poste du mouvement, puisqu’elle se bat pour la dignité et des conditions d’éducation décente depuis des mois.


Les commentateurs politiques désignent régulièrement la date du 17 septembre pour identifier les premiers blocus en Île-de-France, à Créteil plus précisément. Pourtant, à Mayotte, le lycée du Nord était par exemple déjà bloqué depuis fin août. Les 2.500 élèves y dénoncent des conditions d’études invivables, dans un lycée prévu pour en accueillir seulement 900. En Guyane, dès le 7 septembre, les lycéen·nes de l’établissement Félix Éboué listaient 17 revendications pour améliorer leurs conditions d’études. Et ce mouvement des «outre-mers» monte en puissance ces derniers jours, tout en subissant une très forte répression.

À la Réunion, les lycéen·nes de la commune du Tampon ont fait entendre leurs revendications durant une mobilisation festive et joyeuse : bâtiments délabrés, manque de profs et problèmes de harcèlement. Du côté de la Guyane, les lycéen·nes des établissements de Saint-Laurent du Maroni, celui de Gaston Monerville à Kourou, mais aussi Melkior-Garré à Cayenne ou encore Léon-Gontran-Damas ont organisé des blocus.

À plusieurs milliers de kilomètres, la colère gronde aussi dans les Antilles. Dans toute la Guadeloupe, des lycéen·nes se sont révolté·es et ont bloqué plusieurs établissements, notamment le lycée Félix Eboué… Mardi 6 octobre, la mobilisation s’est intensifiée sur l’archipel avec 21 établissements bloqués. En Martinique, des groupes de jeunes déters ont bloqué des axes routiers en installant des barricades, notamment à proximité de Fort-de-France.

Les élèves dénoncent les mêmes problématiques dans leurs établissements : la chaleur dans certaines…

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Auteur: B