Dans les CRA, une justice en visio rendue loin des regards

Dans une petite salle aux murs jaunes, d’environ 3 mètres sur 7, un jeune homme de 20 ans se tient bras croisés, devant un écran surmonté d’une caméra. L’éclairage est artificiel. Des barreaux se devinent derrière la fenêtre qui ne laisse pas passer la lumière. « Je vais entendre votre avocate, celle du préfet et vous aurez la parole en dernier », dit la juge, qui apparaît à l’écran depuis la cour d’appel de Paris, en s’adressant au jeune homme.

On est dans l’annexe du tribunal, située au sein du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (77), à deux pas de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. « Je ne sais pas pourquoi je suis là », lui a-t-il dit juste avant. Trois autres hommes assis côte à côte sur un bloc de chaises fixées au sol le regardent. Ils ont fait appel de la décision du juge des libertés et de la détention (JLD) de les maintenir en rétention, et vont défiler un à un devant l’écran le temps que la juge examine leur dossier. Ça ne dure jamais plus d’une poignée de minutes.


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Ce matin d’octobre, il n’y a personne avec les retenus dans la salle, hormis quatre policiers. Le CRA est loin et mal desservi. Après l’aéroport, il faut encore prendre un bus et marcher dix minutes. Sans banc, la pièce n’est de toute façon pas pensée pour accueillir du public.

Bugs techniques

De l’autre côté de l’écran, l’avocat de permanence s’adresse au juge : « Les droits de mon client n’ont pas été respectés. » L’homme n’a pas été nourri en garde à vue, puis il a été placé en local de rétention administrative « dans l’impossibilité de contacter une association ou un…

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Auteur: Pauline Migevant

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