Ceux qui s’indignent ou s’étonnent en apprenant qu’en Algérie, de Bugeaud à Mollet, Mitterrand, De Gaulle on a gazé des enfants, des femmes et des hommes dans des grottes de montagne en Kabylie, dans les Aurès ou toute autre cavité…n’ont rien compris. Soixante-dix ans après les crimes, si la mémoire française reste sereine, c’est que l’acte était justifié. Ces êtres là, asphyxiés, brûlés, n’ont jamais été admis au rang des humains. Alors pourquoi un remord ou un pardon ? Louis Darquier de Pellepoix, Commissaire général aux Questions juives, horreur créée par le régime de Vichy, nous a éclairés sur cette mécanique de la barbarie. Evoquant l’apocalypse de l’holocauste il a déclaré : « À Auschwitz on n’a gazé que des poux ». En réalité dans les grottes et cavités algériennes on ne tuait pas de vrais hommes. Pour conforter cette philosophie du crime nous avons aujourd’hui l’exemple de Gaza, où plus de 50 000 non-humains ont aussi été écrasés dans l’indifférence.
Comme tout homme qui se révolte contre son envahisseur, son colon, Jean Moulin fut en son temps un « terroriste ». Les révolutionnaires du FLN n’ont pas échappé à la même estampille : « Ces gazés, tués comme des mouches, n’étaient que des « terroristes ». Des nuisibles éliminés au « Fly-Tox ». Des assassins ayant le goût de la métaphore ont même qualifié ces abattoirs humains d’Algérie de « contraception tardive ». Les victimes du 17 octobre 1961 à Paris étant, elles, noyées dans l’eau purificatrice de la Seine.
L’histoire continue d’être muette.
ffusion du documentaire « Algérie, sections armes spéciales ». Film parfait, pédagogique, au contenu calme et équilibré, pourtant programmé sur France 5. Et censuré. Depuis le film qu’Alain Resnais a consacré en 1959 à l’apocalypse atomique, nous savons tous que « l’on n’a rien vu à Hiroshima ». Dans les grottes…
Auteur: Jacques-Marie BOURGET

