Dans les hôpitaux de Beyrouth, une semaine en enfer

Une explosion qui déchire le ciel suivi de volutes de fumée noire. C’est le paysage qui a été offert aux habitants de Beyrouth ce mercredi 8 avril autour de 14h. Depuis son bureau au 6e étage de l’hôpital Makassed, Joumana Najjar Moghrabi a contemplé le nuage sombre, juste derrière la mosquée, à quelques centaines de mètres de l’établissement et elle a su que la vague allait arriver.

« L’un des immeubles qui a été frappé à Corniche al Mazraa est à dix minutes à pied. On a reçu les premiers blessés immédiatement après la frappe », explique la manager générale de l’hôpital. 83 blessés ont été admis à Makassed parmi lesquels 38 femmes et 5 enfants.

« Ça a été une journée terrible, explique Rasha Kronfol, infirmière en chef au service de pédiatrie, en déambulant dans les couloirs de l’hôpital. « La première urgence pour notre service, c’était d’éviter la panique chez les enfants qui étaient déjà admis à l’hôpital avant les bombardements tout en prenant en charge les nouveaux blessés. Hélas, un enfant de deux ans est mort des suites de ses blessures à la tête, quelques heures après son admission. Nous n’avons rien pu faire. »

Narjess, 3 ans, est la dernière des cinq enfants blessés admis le 8 avril. « Elle pourra sortir demain », se réjouit Kelthoum, sa mère âgée de 27 ans. La famille est originaire d’Aitaroun, un village à la frontière avec Israël, bombardé constamment par l’État hébreu depuis le début du mois de mars.

Ils avaient trouvé un refuge précaire dans un institut public de la capitale, transformé en abri pour le million de déplacés de la banlieue sud de Beyrouth et du sud Liban qui ont fui les combats. « Narjess jouait dans le parc pour enfants. Nous l’avons sorti

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Auteur: Hugo Lautissier

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