Dans son éditorial du 1er juillet 2026, intitulé « Les temps difficiles », Marcos Uzal revient, au nom des Cahiers du cinéma, sur la séquence ouverte par l’invitation de Nadav Lapid au FIDMarseille, les retraits de films qui s’ensuivirent, la tribune publiée dans Le Monde en soutien au cinéaste israélien, puis les multiples réponses auxquelles cette affaire donna lieu. L’édito reprend à son compte, sous une forme plus inquiète et plus générale, l’un des arguments centraux de cette tribune : « le cinéma n’est pas une ambassade », ou, selon la formulation du texte collectif, « inviter un artiste dans un festival n’est pas l’ériger en ambassadeur culturel ».
Montage, mon beau souci
Mais l’affaire ne commence pourtant pas là. Elle ne commence pas avec la question abstraite de savoir si le cinéma serait ou non une ambassade, ni avec le risque supposé de réduire un cinéaste à son passeport, ni même avec la place singulière de Nadav Lapid comme figure dite « critique » du champ israélien. Elle commence avec une autre question, que l’édito des Cahiers ne prend pas véritablement en charge : celle de la symétrie.
Les cinéastes arabes, palestiniens ou solidaires de la Palestine qui ont retiré leurs films n’ont pas contesté une présence. Ils ont refusé un montage. Ils ont refusé que leurs œuvres, leurs noms, leurs archives, leurs récits, leur participation à un programme consacré à la Palestine, au Liban, à la Syrie ou aux conséquences de l’occupation coloniale puissent être placés dans une scène où la venue d’une figure israélienne reconnue, protégée, célébrée comme « dissidente », aurait produit un effet d’équilibre, de coprésence, de dialogue ou de complexité. Ce qu’ils ont refusé, ce n’est pas l’existence d’un cinéaste israélien, c’est une forme de symétrisation.
L’entretien publié par la belle et nécessaire revue Émitaï permet de revenir…
Auteur: dev

