Manger des aliments sains, est-ce vraiment un choix ? Non, à en croire l’ONG Foodwatch. Elle vient de publier une étude démontrant que les produits les moins chers en supermarché sont aussi, en moyenne, les plus sucrés.
Conserves de petit pois, pain de mie, cordon bleu… Sur les 400 produits analysés dans les magasins E. Leclerc, Auchan, Carrefour, Coopérative U et Intermarché, acteurs majoritaires du secteur, le verdict est sans appel : même les aliments dans lesquels on ne s’attend pas à trouver du sucre en contiennent. Et surtout, les produits aux prix les plus bas, qui sont majoritairement de marques distributeurs, sont les plus sucrés.
Les inégalités sociales se retrouvent donc jusque dans nos assiettes, et ce sera un thème majeur du week-end de débats et de tables rondes organisé par Reporterre et le Ground Control, à Paris du 24 au 26 janvier, sur le thème « Choisit-on son assiette ».
Un exemple tiré de l’étude Foodwatch : si vous achetez l’une des cinq conserves de petits pois les moins chères, elle contiendra en moyenne 43 % de sucre en plus que l’une des cinq les plus chères. Difficile alors de respecter le fameux message de santé publique « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé »…
« Les consommateurs avec un budget réduit ne peuvent pas faire le meilleur choix pour leur santé », dit Karine Jacquemart, présidente de Foodwatch. Elle pointe la responsabilité de la grande distribution dans la création d’une « discrimination intolérable » dans ce « marché à deux vitesses » où « seules celles et ceux qui ont les moyens peuvent accéder à des produits plus sains ».
Cancers, infarctus, diabète…
« L’alimentation à domicile est le poste qui différencie le plus la consommation des ménages selon leur niveau de vie », observait l’Insee en 2020. Parce qu’ils consacrent une plus grande part de leur budget à…
Auteur: Léa Guedj

