L’Europe résistera-t-elle encore et toujours à l’extrême droite ? À première vue, les résultats électoraux de ce dimanche 18 mai semblent aller en ce sens. En Roumanie, le candidat proeuropéen Nicușor Dan a remporté la présidentielle en totalisant 53,6 % des suffrages, face au souverainiste trumpiste George Simion (46,4 %), pourtant en tête du premier tour. Un soulagement général, puisque la position du pays s’avère cruciale face à la menace russe. Reste que ce pied de nez à l’extrême droite – roumaine et européenne – est moins rutilant qu’il n’y paraît.
Si on a longtemps cru le Portugal immunisé contre l’extrême droite, la percée du parti Chega ! (« Ça suffit ! », en français) à l’issue de ces élections législatives a prouvé le contraire : crée en 2019, il a su devenir, en quelques années, la troisième force politique nationale, jusqu’à franchir, pour la première fois, la barre des 20 % ce dimanche. Au-delà des résultats du scrutin, sa véritable victoire réside surtout dans la contamination des sujets comme la sécurité et l’immigration au sein du débat public.
Sur le même sujet : Il n’y a plus de vision universelle de l’État de droit
Idem pour la Pologne : certes, le candidat proeuropéen Rafal Trzaskowski est arrivé en tête du scrutin, avec 31,2 % des voix, mais l’écart avec son adversaire pro-Trump, Karol Nawrocki, s’est avéré minime, loin des prévisions qui annonçaient une avance confortable. Le parti d’extrême droite libertarien Konfederacja (14,9 %) et le candidat royaliste antisémite Grzegorz Braun (6,4 %) ont su, quant à eux, recomposer totalement le paysage politique en séduisant une jeunesse en quête de rupture avec le système. Au total, 41 % des jeunes entre 18 et 29…
Auteur: Juliette Heinzlef

