Alors que le climat politique de ce mois de juillet 2024 est des plus mouvementés, des trouées de sociabilité légères permettent de changer de rythme et de s’aérer, le temps de quelques heures. Ainsi en va-t-il des vide-greniers.
À l’ère de « l’amazonisation » semble-t-il irréversible du commerce, et alors que le succès des sites de vente d’objets d’occasion est révélateur d’un changement de paradigme des modes de consommation, on pouvait penser que les vide-greniers et autres brocantes des week-ends d’été allaient tomber en désuétude, voyant leurs visiteurs habituels les déserter pour parachever le succès de l’achat en ligne. Or, il n’en est rien, et leur succès ne se dément pas.
D’ailleurs, puces, brocantes, vide-greniers, foires et braderies ne sont pas tout à fait synonymes, même si sur le principe, il s’agit toujours de vendre des « objets usagés de faible valeur ».
Si ces ventes entre particuliers existent depuis fort longtemps, si certains marchés aux puces sont devenus de véritables institutions (dont ceux de Saint-Ouen), on peut lier leur succès actuel à un ensemble de causes qui entrent en résonance avec l’air du temps ; ou qui répondent à des frustrations, et comblent des envies.
Plaisir de la chine
50 000 vide-greniers sont organisés dans l’Hexagone chaque année. Ils rassemblent des centaines de milliers de personnes venant de manière régulière et le temps de quelques heures s’adonner au plaisir de la chine, de la négociation douce et du marchandage ludique.
La saison des vide-greniers s’ouvre traditionnellement au début du printemps, pour la plus grande joie de tous leurs amateurs. Les vendeurs « déballent » aux aurores sur des tréteaux branlants. Quant aux « chineurs », ils farfouilleront des heures durant dans un capharnaüm d’objets au charme désuet, en quête de la perle rare. On ne sait d’ailleurs souvent pas ce que l’on cherche exactement….
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Auteur: Pascal Lardellier, Professeur à l’Université de Bourgogne Franche-Comté, Chercheur au laboratoire CIMEOS, Université de Bourgogne

