Cuq-Toulza (Tarn), reportage
Dans le noir, les phares puissants des camions-bennes illuminent le sol terrassé et sans vie de Cuq-Toulza, une commune du Tarn située le long du tracé de l’autoroute A69, entre Toulouse et Castres. En plein milieu de la nuit, le ballet incessant de ces monstres de chantier, chargés de leurs cargaisons de terre, ne faiblit pas. Le cliquetis des chenilles, les bips de recul des pelleteuses, les moteurs qui grondent… Le chantier de l’A69 est à plein régime.
Un rapide regard sur notre téléphone nous permet de vérifier l’heure ce mardi 7 octobre : 22 h 16. Les travaux sont censés prendre fin à 20 heures, mais depuis début août, le concessionnaire Atosca déborde largement sur les horaires habituels du chantier.
Comme l’attestent une vingtaine de photos et de vidéos capturées entre le 11 août et le 1er octobre par des habitants le long du tracé, puis transmises à Reporterre, les machines arrivent un peu avant 5 heures et ne repartent qu’aux alentours de 23 heures, et cela tous les jours.
Ces faits ont également été confirmés de vive voix par plusieurs riverains rencontrés le 11 septembre par Reporterre, et qui confiaient leur colère quant à ces nouveaux horaires du chantier qui les empêchent de dormir et rendent leur quotidien invivable. Depuis début août, selon l’avocate qui les accompagne, sept plaintes ont été déposées par des riverains pour les nuisances qu’ils subissent.
Des dérogations inexistantes
Le concessionnaire n’est pourtant pas libre de modifier à sa guise les horaires sur lesquels faire travailler ses équipes, comme le confirme un document qu’il a lui-même édité, déjà repéré par nos confrères d’Ici et que Reporterre a pu consulter.
Dans ce rapport de 62 pages nommé « Bruit de chantier », déposé dans les mairies et dans les préfectures concernées début 2023, Atosca précise que les horaires de chantier sont encadrés par…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

