Si dans les mouvements sociaux et la gauche en général, il y a un accord pour dénoncer toutes les logiques inhérentes au trumpisme, il existe d’importantes nuances au sein de notre camp concernant les enjeux internationaux, la responsabilité des différentes puissances dans les guerres en cours, la place de l’Union européenne dans ces processus, les velléités de défense et de sécurité européennes… Entre une position qui ne voit dans le réarmement européen qu’un prétexte à l’approfondissement de l’austérité et des politiques antisociales, une position alignée sur celle des cercles dirigeants de l’Union européenne, ou encore une position qui ne considère comme unique ou essentiel danger que l’impérialisme états-unien, les divergences sont importantes. Chacune de ces positions pose des questions certes légitimes, tout en éludant également une partie des enjeux qui se posent aujourd’hui en Europe et dans le monde. Le contexte actuel exacerbe les tensions, entre États et en leur sein, et montre à quel point la loi du plus fort s’installe sur fond de post-démocratie, de post-vérité, de négationnisme quant aux réalités sociales et climatiques, etc. La « nouvelle mondialisation » n’est plus seulement néolibérale, elle est autoritaire, intolérante, brutale, nationaliste.
On résumera ici quelques-uns de ces enjeux, sans prétention à l’exhaustivité et sans revenir sur le contexte plus général de polycrises qui affecte le monde (en premier lieu la crise climatique) mais qu’il est bien sûr nécessaire de garder en tête.
1/ On assiste à un profond bouleversement des alliances entre États : la donnée géopolitique importante concerne la nouvelle entente scellée entre les États-Unis et la Russie. Entre Trump et Poutine, il existe plus qu’une convergence de vues, tous les deux sont les défenseurs d’un carbo-capitalisme agressif, avide de conquêtes territoriales, masculiniste,…
Auteur: Attac France

