Notre présent a un goût de boîte de Pandore éventrée par une violence décomplexée revendiquant la loi du plus fort et du marché comme seule boussole et légitimité. Le cynisme géopolitique d’une remise en cause assumée de l’application des droits fondamentaux, y compris par une puissance comme les États-Unis, nous plonge dans une instabilité redoublant l’angoisse associée aux urgences sociales et écologiques.
C’est dans ce contexte de grande incertitude que se pose de manière aiguë la question de savoir ce que nous faisons avec cette consolation ambivalente qu’est l’espérance. Comment l’espoir peut-il participer d’une résistance active et non d’une forme de dépolitisation ?
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Lorsque je l’ai interviewée, Sandra Guimarães, militante pour la cause antispéciste et pour « l’accès à la terre » au Brésil, a insisté sur la nécessité de porter une conception alternative de la joie et du plaisir qui puisse être partagée et émancipatrice pour chacun·e. L’espoir est alors dans notre courage à nous démarquer d’un héritage où la puissance et la jouissance se mesurent au pouvoir d’habiter la terre en propriétaire tout·e-puissant·e, et non en colocataire responsable et humble.
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En reprenant l’enseignement de son compatriote Paulo Freire selon lequel « l’espoir est un verbe qui se conjugue », Sandra Guimarães propose une réappropriation du mythe de Sisyphe heureux. Afin de continuer d’avoir…
Auteur: Réjane Sénac

