C’est dans les villes qu’on ne connaît pas encore bien, qu’on espère toujours trouver un lieu. Alors qu’on cherche généralement le familier, on est parfois attirés par les lieux inhospitaliers, marqués du différent et de l’étrangeté. Des lieux où on ne se retrouverait pas uniquement avec du même. Parfois on y trouve le trésor qu’on ne cherchait plus. En fouillant les rayons d’une bouquinerie comme on fouille des idées, on prend le risque de se laisser surprendre par les traces que nous avions déjà remarquées en nous, dans notre histoire en tant que « professionnel de la santé mentale ». Un titre attire notre attention et ensuite un nom : « Je ne serai plus psychiatre », Gérard Hof.
Au fil des pages de ce livre, nous retrouvons ce que nous cherchions : le familier, la colère, l’insolence et la désillusion. C’est variables mises ensemble viennent nous rappeler que nous ne vivons pas sur une île déserte et que sur nos plages intérieures, il est parfois difficile de distinguer les traces de nos pas de celles des pirates. Cela est d’autant plus vrai quand arrive la fin de semaine et qu’on doit apprendre à vivre avec le cynisme que la profession de travailleur social cultive comme du chienlit.
Les idées récalcitrantes deviennent des mauvaises herbes qui prolifèrent au gré des rencontres et on se surprend à s’approprier avec violence celles qui ne nous appartenaient pas. Dès lors il importe de réparer ces relations, cousues avec nos vivants et nos morts, comme on rapièce un vêtement. Les écoutes cannibales revêtent ces idées comme si c’étaient des corps, mais elles n’ont pas fait l’expérience de la violence qui les avaient gonflées pour en faire des canots de sauvetage. Nous n’écrivons jamais comme une seule personne. Nous sommes habités par la polyphonie des voix avec lesquelles nous construisons notre monde intérieur. On nous pardonnera donc les multiples références, qui…
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Auteur: dev

