Au Bourget, un centre de données de 35 000 m² pourrait bientôt consommer le double de l’électricité de toute la ville. En Alsace, ce sont 35 hectares de terres agricoles, dont 11 cultivés en bio qui vont être bétonnés pour faire tourner des serveurs Microsoft.
Les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle sont des projets industriels d’un genre nouveau, encore largement méconnus malgré leur croissance rapide partout en France.
Le collectif marseillais Le nuage était sous nos pieds, qui lutte contre les impacts sociaux, écologiques et politiques des infrastructures du numérique, a identifié 348 data centers existants et 45 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 26 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’État et 8 en cours de construction.
Ce travail de cartographie, qui a nécessité de croiser les différentes sources ouvertes (communiqués de presse, cadastre, documents légaux déposés lors des enquêtes publiques), n’avait jamais été fait avec ce niveau de détail.
Des centres de plus en plus voraces en électricité
Ce n’est pourtant pas la communication qui manque autour de ces projets présentés comme une aubaine pour l’attractivité et la souveraineté de la France. Le gouvernement déploie des efforts importants pour attirer sur son sol la nouvelle génération de centres de données, appelés « hyperscales », de plus en plus gros et de plus en plus voraces en électricité.
Un article de la loi simplification de la vie économique, en attente d’un vote définitif au parlement, prévoit ainsi d’accélérer les délais des enquêtes publiques et de sortir les centres de données de la comptabilisation des surfaces artificialisées, en leur attribuant d’office le statut de projets d’intérêt national majeur.
63 sites favorables à l’implantation de centres de données ont également été identifiés par le…
Auteur: Erwan Manac’h

