Data centers en France : l’enfumage de la « souveraineté numérique »

La souveraineté numérique est décidément à la mode. De Jean-Luc Mélenchon, qui prône la « décolonisation numérique vis-à-vis des États-Unis d’Amérique » à Jordan Bardella (« L’intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeure ») en passant par Edouard Philippe qui alerte contre le risque de « vassalisation » de la France et de l’Union européenne dans le domaine, le concept donne l’impression – ou plutôt l’illusion – d’un consensus partagé. 

Comme nous allons le voir, le concept est en réalité tellement flou qu’il sert, en fonction des partis qui l’emploient, des projets politiques radicalement opposés. En particulier sur la question de la construction de data centers sur le sol français, dont les défenseurs défendent la prolifération au nom de la « souveraineté ». Les faits sont pourtant là : plus de 90 % de la puissance électrique réservée aux projets de data centers en France concerne des acteurs extra-européens, a révélé un rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. 

D’où la proposition, à gauche, d’instaurer un moratoire sur les data centers « non souverains ». Encore faut-il définir une infrastructure véritablement « souveraine » au cœur d’une industrie – le numérique – aux chaînes de valeur complexes et intriquées. Décryptage de la notion, souvent instrumentalisée, de souveraineté numérique. 

Pourquoi parler de « souveraineté numérique » n’a pas beaucoup de sens

« La souveraineté numérique sera un enjeu essentiel pour notre nation dans les mois et les années qui viennent », assurait le ministre de l’économie Roland Lescure devant le Sénat en juin. Dans la droite lignée d’Anne Le Hénanff, ministre déléguée de l’Intelligence artificielle (IA) et du Numérique, qui avait promis que « la souveraineté numérique [serait] la ligne directrice de…

La suite est à lire sur: bonpote.com
Auteur: Sophie Kloetzli