Granville (Manche), reportage
Subitement, le zodiac bimoteur des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) décélère, passant d’une vitesse de patrouille d’environ 10 nœuds à quasiment l’arrêt. En cette matinée de fin septembre, moins de deux heures après le départ du port normand de Granville, un premier groupe de grands dauphins (Tursiops truncatus) est repéré.
Un protocole s’enclenche : chaque agent observe une partie de la surface de l’eau et comme l’un d’entre eux vient d’identifier un mouvement à la surface caractéristique d’un cétacé, tout le monde s’immobilise au milieu de l’eau, ce jour-là très calme. L’équipage s’agite, il s’agit bien de cétacés.
« Le comportement des dauphins est très variable, ils peuvent venir à notre rencontre mais nous restons toujours à bonne distance, juste pour les photographier, explique Pierre Scolan, inspecteur de l’environnement à l’OFB. Une fois les individus définitivement repérés, nous passons en mode suivi avec pour but les photos d’identification. »
Des dauphins menacés
Plus connue pour ses missions de protection de l’environnement à terre, la police de l’environnement intervient aussi en mer pour, notamment, « améliorer les connaissances sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes littoraux et marins afin d’appuyer la surveillance et l’évaluation de l’état écologique des milieux », selon ses prérogatives officielles.
En d’autres termes, surveiller les zones maritimes sensibles et affectées par les activités humaines, et enrichir les connaissances sur la biodiversité, en comptabilisant certaines espèces. Notamment celles sous protection, comme les grands dauphins. S’ils sont classés en « préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, ce statut diffère selon les zones étudiées.
C’est donc équipé de cette…
Auteur: Guy Pichard

