Et si les cours d’éducation physique et sportive à l’école pouvaient être un lieu de déconstruction des stéréotypes de genre dans le sport, et plus largement, dans la société ? Là est toute la démarche de Pierre Prim, prof de sport au collège de Lodève, syndiqué au courant « école émancipée » du SNEP-FSU, (Syndicat national de l’éducation physique) et formateur sur les questions d’égalité à l’Académie de Montpellier. Il promeut une critique anticapitaliste de sa discipline et du culte de la performance individuelle qui y est associée
Article initialement paru dans le journal papier numéro 40 du Poing, “Un autre sport est possible”, paru en mars 2024.
Si pour vous, comme pour l’auteur de ces lignes, se mettre en maillot pour les cours de piscine au collège relevait de la torture, ou que vous étiez dans la comparaison de vos piètres performances avec celles de vos camarades, bien meilleurs, et que vous en souffriez, Pierre Prim est peut-être le prof que vous auriez aimé avoir. « En EPS, on est au centre, voire précurseurs des questions d’égalité de genre, car les corps sont en jeu », explique le prof au collège de Lodève, militant syndical et formateur sur les questions d’égalité et de lutte contre les discriminations dans l’Académie de Montpellier. Il déplore un « manque de formation des profs sur ces enjeux. On pourrait valoriser tout le monde dans nos cours, mais on manque de moyens. » De son côté, il œuvre à son échelle pour une pédagogie alternative qui permet de sensibiliser aux stéréotypes de genres.
Une discipline masculine par essence ?
Selon lui, l’histoire de sa discipline a occulté la place des femmes pendant très longtemps : « C’est un schéma viriliste qui domine. Pendant très longtemps, les filles ont été mises de côté. En 1981, l’éducation physique rentre à nouveau…
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Auteur: Elian Barascud

