Ce texte est extrait de son livre, The Story of Capital: What Everyone Should Know About How Capital Works, paru chez Verso le 24 février dernier.
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Karl Marx a situé ses recherches théoriques sur le mode de production du capital et des lois de son mouvement dans le contexte du capitalisme industriel britannique, entre les années 1840 et les années 1860. Sa conviction initiale était que « le pays le plus développé industriellement ne fait que montrer aux pays moins développés l’image de leur propre avenir ». [2] La question de savoir si cette conviction était justifiée, bien entendu, reste ouverte.
Vers la fin de sa vie, après des recherches intensives en anthropologie et une observation minutieuse du cas russe en particulier, Marx se mit à douter de sa proposition, ouvrant la voie à une critique relevant, pour beaucoup, de son eurocentrisme. Ce qui toutefois n’est pas en doute, c’est la profondeur et de l’ampleur des connaissances de Marx sur la situation du capital industriel dans la Grande-Bretagne du 19e siècle.
Fait à Manchester
En l’occurrence, Marx eut la chance de pouvoir accéder à une immense archive de matériaux de recherche réunie par les inspecteurs britanniques de fabriques missionnés par l’État, par les responsables de la santé publique et par des enquêtes parlementaires allant du travail des enfants jusqu’aux pratiques bancaires. Il reconnut pleinement l’importance de ces ressources pour ses propres interprétations et se plaignit de « l’état lamentable » de l’information venant d’ailleurs.
« Nous serions épouvantés par la situation qui règne dans nos propres pays, si nos gouvernements et nos parlements, ainsi que cela se pratique en Angleterre, instituaient périodiquement des commissions d’enquête sur les rapports et les réalités économiques, si ces commissions étaient munies des mêmes pleins pouvoirs que ceux dont elles disposent…
Auteur: romain romain

