Lorsqu’on évoque la situation au Proche-Orient et son cortège de fléaux que sont la colonisation sans fin des terres palestiniennes par l’état d’Israël, on assiste assez vite à des échanges toujours très vifs entre les sympathisants des Palestiniens qui préfèrent évoquer des crimes de guerre et ceux qui n’hésitent pas à parler de génocide.
Le débat entre Lauterspacht (qui a décrit légalement le « crime contre l’humanité ») et Lemkin qui a décrit celui de « génocide » perdure : faut-il définir une population comme appartenant à l’espèce humaine, quelle que soit sa caractérisation, ou faut-il accepter son auto-définition comme « race » à part, éliminée parce qu’elle est telle ?
En ce qui me concerne, il s’agit dans ces débats avant tout de distinctions très sémantiques, voire de purs sophismes. L’apartheid menée en Afrique du Sud, par exemple a pu être défini comme étant un crime contre l’humanité, ses auteurs refusant à un groupe humain (les Noirs), la même qualité et la même valeur humaine que le groupe minoritaire constitué des habitants Blancs de ce même pays.
Alors qu’anéantir systématiquement un groupe national (les Palestiniens), assassiner ses membres par bombardements indiscriminés, famine, manque de soins, détruire méthodiquement ses infrastructures d’habitation, de santé, de subsistance, mais aussi sa culture, son histoire ; déplacer et déplacer encore les survivants pour s’assurer que rien ne demeure de leurs racines, tout mettre en œuvre pour les faire fuir leurs terres ancestrales afin, de manière délibérée, de les remplacer par ses propres nationaux par le biais d’une recolonisation de grande ampleur, puis par une annexion pure et simple ; voilà clairement ce qui peut être désigné comme étant constitutif pour Israël de génocide (du grec genos, « race », et du latin occidere, « tuer »), à savoir l’extermination physique, intentionnelle,…
Auteur: IAATA

