Autriche et Grèce, reportage
Ils étaient plus de 120 à se rassembler, le 24 janvier au soir, devant les locaux viennois du Parti démocratique kurde (DEM), expatrié en Autriche. Tel était le point de rendez-vous de convois partis d’Allemagne, d’Italie ou de France quelques jours auparavant. Bien souvent un thé à la main, au milieu des portraits d’Abdullah Öcalan, le leader emblématique du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, tous se préparent pour la suite de leur voyage, en voiture, minibus ou autobus.
Direction : la ville syrienne de Kobané, une ville devenue le symbole de la résistance kurde à l’État islamique. Si certaines « caravanes » sont déjà arrivées, une vingtaine a été refoulée, notamment par les autorités grecques sur la route les menant au Rojava.
Action humanitaire ou médiatique ? La People’s Caravan for Rojava tente de conjuguer les deux en parvenant à recruter, dans l’urgence, des militants pour la plupart jeunes. Une opération montée à la hâte par plusieurs groupes allemands tels que les Jeunesses internationalistes, Young Struggle et Rise up for Rojava, afin de répondre à la situation critique que connaissent les Forces démocratiques syriennes (FDS) au Rojava, région autonome où résident 4 millions d’habitants et l’essentiel de la population kurde du pays. Les nouvelles forces armées syriennes ont pris le contrôle de larges pans du nord-est du pays, auparavant sous contrôle kurde.
Projet féministe, révolutionnaire et écologique
Le sort réservé aujourd’hui à ce territoire et à son modèle de société émeut une large partie des sympathisants de la gauche à travers le monde. Indissociable de ce projet politique, la région autonome se revendique du modèle du municipalisme libertaire imaginé par le penseur étasunien Murray Bookchin et réadapté par Abdullah Öcalan. Égalité entre les femmes et les hommes, socialisme révolutionnaire, mais aussi…
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