De la cagoule de coton au « Cône 2.0 »

Avis aux inquisiteurs de la syntaxe, aux horlogers du style et aux flics de l’authenticité : ce texte a été écrit par un être humain. Ou par une agglomération de silicium gavée aux reliefs d’une civilisation littéraire en fin de course. Je ne trancherai pas, et vous n’y gagneriez rien : dans le marigot où l’on mesure désormais la sincérité d’une pensée à sa crasse, la distinction ne veut plus rien dire. Prose soignée ? Un algorithme l’a torchée. Prose truffée de fautes ? Un patriote en transe l’a dictée entre deux verres de vinasse. Cherchez, fouillez, comptez mes virgules. Je vous laisse même une faute, quelque part, en cadeau. Ou pas. Peut-être !? Une seule chose est garantie : sur les personnes réelles, je n’avance rien que quelqu’un d’autre n’ait signé de son nom.

1

Il fut un temps – béni pour les lâches, un peu moins pour les blanchisseurs – où haïr son prochain de tout son être, sans se salir les mains, exigeait un minimum d’intendance textile. On descendait à la buanderie – quand elle existait –, on fouillait le bac à linge sale (comme pour vérifier la virginité de la pucelle), on en extirpait un drap jauni par les ans, on empruntait les ciseaux de couturière de belle-maman, et hop : voilà le défenseur de la civilisation occidentale, de la pureté des sols et de la tradition chrétienne coiffé d’un magnifique cône pointu. Deux trous pour les yeux, un coup de fer, et, youpi ! la patrie était sauvée !

2

Pratique, commode, aéré : le capuchon du Ku Klux Klan (KKK, une onomatopée enfantine de la patauge !) permettait de brûler des croix, de terroriser le voisin ou de suspendre un quidam à la branche d’un chêne sans froisser la chemise amidonnée, ni attraper la moindre bronchite. Shut ! Le drap, non le suaire, avait en outre cette élégance rare de rendre tous les hommes égaux : le notaire, le boucher et le shérif y prenaient la même tête de bougie…

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Auteur: dev