De la dette publique à la lutte contre la démocratie : une stratégie néolibérale

La dette publique occupe une place centrale dans le jeu politique français et européen. Le premier niveau d’affrontement concerne la pertinence des dépenses sociales. Les médias mainstream, c’est-à-dire attachés à l’ordre économique dominant, présentent la dette comme l’effet de leur augmentation trop importante. Pour tenir ce discours, il faut supposer que ces dépenses sociales sont inutiles, voire néfastes pour la société. Si elles étaient considérées comme essentielles au vivre ensemble, elles ne seraient jamais trop importantes.

La détestation des dépenses sociales est le vieux fond de l’idéologie néolibérale.

La détestation des dépenses sociales est le vieux fond de l’idéologie néolibérale. Cette dernière estime qu’elles sont le seul résultat d’intérêts et d’appétits privés (et populaires) qui mine l’intérêt général, identifié à la liberté des entreprises. La pensée néolibérale a toujours estimé que la démocratie est un danger pour la liberté individuelle… des plus riches car elle permet qu’une majorité populaire puisse mettre en place une « discrimination économique à l’égard des plus riches » par une taxe Zucman, un impôt sur la fortune ou un taux progressif sur les revenus.


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Ainsi, la démocratie comme régime fondé sur le principe d’égalité doit être nécessairement limitée, soit par la réduction du nombre d’élections, soit – comme c’est le cas dans l’Union européenne – en réduisant les compétences en matière économique des assemblées élues au suffrage universel. La connotation péjorative des dépenses sociales s’appuie sur l’absolutisme du primat de la liberté économique…

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Auteur: Mireille Bruyère

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