Les premières semaines de la vie d’un embryon humain sont cruciales pour le développement futur de l’individu. Comment se déroulent les premiers instants de la vie embryonnaire chez l’humain ? Quels sont les modèles qui nous permettent de les étudier ? Les modèles animaux, comme la souris, sont utilisés mais diffèrent significativement. Les organoïdes, qui imitent partiellement les organes humains, ne reflètent pas toute la complexité du développement d’un embryon. En 2022, deux équipes créaient des embryons de souris, indépendamment de toute fécondation. Début septembre 2023, une équipe israélienne annonçait la réalisation à partir de cellules souches d’un embryon de synthèse ou embryoïde humain, comparable à un embryon humain de 13 à 14 jours.
Le développement se déroule selon une séquence établie d’événements finement orchestrés, qui conduit à partir d’une cellule à la formation d’un individu constitué de 10 à 100 mille milliards de cellules. Si ces premières semaines se déroulent selon un plan robuste, l’embryon reste vulnérable. La moindre altération de ces étapes peut conduire à des avortements spontanés ou à des malformations sévères du fœtus. Les avortements spontanés représentent une part importante des développements qui échouent, estimés à 70 % des fécondations. La plupart de ces pertes surviennent avant l’implantation de l’embryon dans l’utérus, ou avant la fin du cycle menstruel, à un stade où le nombre de cellules contenues dans l’embryon varie de 100 à 200 cellules ; de nombreux avortements spontanés passent donc totalement inaperçus.
En quatre semaines, les cellules se multiplient, se déplacent pour s’organiser en tissus, se différencient et fonctionnent de manière spécialisée. Plusieurs questions restent en suspens et interrogent la compréhension de ces processus complexes : quels sont les mécanismes précis qui contrôlent la…
Auteur: Jean-François Bodart, Professeur des Universités, en Biologie Cellulaire et Biologie du Développement, Université de Lille

