Bonjour ô Grand Saint Michel,
Suite à la lecture de votre droit de réponse publié sur le site Lagrappe.info [1], nous avons souhaité, plusieurs d’entre nous, résidents du quartier, prendre un moment pour échanger avec vous. Nous aimerions vous partager, avec bienveillance, quelques éclairages sur les raisons des critiques récurrentes qui vous sont adressées. Bien que nous ne validions pas l’acte de dégradation de vos vitrines, nous tenions à vous dire que nous entendons et partageons les préoccupations et indignations exprimées par d’autres auteurs sur ce site participatif.
Avant tout, revenons sur le phénomène de la gentrification. Définie comme « les changements survenant dans les quartiers populaires en raison de l’installation de catégories sociales plus aisées qui rénovent certaines habitations et introduisent des modes de vie et consommation différents », la gentrification implique une substitution de population. [2]
Cette dynamique se caractérise par deux processus concomitants : d’une part, l’appropriation des territoires par les classes sociales favorisées et, d’autre part, la marginalisation des classes populaires et des populations racisées, qui se voient progressivement exclues de ces espaces. Les « gentrifieurs » sont aisés, employés dans le secteur tertiaire ou encore travailleurs indépendants. [3]
La gentrification n’est pas conditionnée par la durée de résidence dans un lieu. Il existe des individus qui ont toujours vécu ici et qui participent activement à la gentrification, tout comme des personnes qui viennent d’arriver la semaine dernière et qui pourtant ne contribuent pas à ce phénomène. De même, des nouveaux résidents peuvent s’intégrer à la communauté locale sans imposer leur mode de vie et leurs pratiques quotidiennes au quartier.
Dans votre texte, vous exposez un « catalogue de bonnes actions » assez mince, vous vous appropriez les mérites de la Cloche et de ses…
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