De la médecine traditionnelle au traitement du cancer : le fabuleux destin de la pervenche de Madagascar

L’histoire de la pervenche de Madagascar, dont sont extraits des anticancéreux majeurs, est une des belles histoires de la pharmacopée. Mais le mode de production actuel peu rentable et coûteux de ces molécules thérapeutiques conduit à des pénuries dont pâtissent les malades. Face à ces enjeux, une équipe de l’Université de Tours développe une « bioproduction » des molécules anticancéreuses indépendamment de la plante… dans des levures de boulanger.


Sous son air de fleur toute simple, la pervenche de Madagascar cache de grands pouvoirs. Originaire de l’île de Madagascar, cette jolie plante vivace aux pétales roses ou blancs, d’abord nommée Vinca rosea puis reclassifiée Catharanthus roseus, n’est pas seulement une vedette ornementale dans nos parcs en France. Elle est à l’origine de médicaments essentiels, notamment en cancérologie.

Une plante de médecine traditionnelle

Si vous visitez quelques pays tropicaux, vous pourrez vite vous retrouver face à cette plante, dans les jardins, sur les trottoirs, à la lisière des forêts, aux abords des plages…

Native de Madagascar (en vert), « C. roseus » a été distribuée dans différentes régions du monde (en violet) en tant que plante ornementale et pour ses vertus médicinales. Source : www.kew.org/plants/madagascar-periwinkle (carte cliquable).

Dans ces régions, C. roseus est une plante médicinale de première importance. Depuis des siècles, fleurs, feuilles ou racines, en infusion, en décoction ou en jus, sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter l’hypertension artérielle, les infections cutanées, les troubles respiratoires, la dengue ou encore le diabète. C’est cette dernière indication qui, dans les années 1950, attire l’attention de deux scientifiques canadiens Robert L. Noble et Charles Beer.

La découverte de deux anticancéreux majeurs

En testant des extraits de la plante sur des rats, ils n’observent aucune…

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Auteur: Audrey Oudin, Maître de conférences, Université de Tours