De la révolte intacte à l’utopie nécessaire : hommage à Henri Maler

Henri Maler est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Je l’ai côtoyé durant près d’une vingtaine d’années, particulièrement durant les années où j’ai été actif dans l’association Acrimed (Action-Critique-Médias), de 2008 à 2015, le rencontrant régulièrement ensuite pour des agapes studieuses où nous devisions, il est vrai bien légèrement, d’Acrimed et de la gauche radicale mais aussi du communisme et de la révolution (si nécessaire mais qui tarde quelque peu). C’est depuis cette position – d’ami et de camarade – que j’aimerais me joindre par ce texte aux hommages qui ont commencé à lui être rendus, en particulier par ses camarades d’Acrimed.

Car Henri était surtout connu comme le fondateur d’Acrimed en 1996, dans la foulée de la grève victorieuse de l’hiver 95 contre le plan Juppé, et son inlassable et principal animateur pendant plus de vingt ans. On doit à Acrimed le développement d’une critique radicale des médias dominants, et Henri avait pris l’habitude de le rappeler : si « radical » signifie « prendre les choses à la racine » (selon l’étymologie du mot et la formule de Marx), une critique radicale des médias est nécessairement une critique anticapitaliste des médias. Si bien que, comme il le disait souvent, on ne comprend pas tout des médias en analysant leur appropriation capitaliste, mais on ne comprend rien sans la prendre au sérieux et en tirer toutes les conséquences, surtout si l’on aspire à un changement radical de société.

Acrimed poursuit bien sûr son activité (sur son site mais aussi avec une émission très suivie sur l’excellent média Blast), mais cette critique radicale des médias s’est développée et existe aujourd’hui à travers divers canaux, dans les colonnes du Monde diplomatique, mais aussi dans l’émission « Rhinocéros » (de Lumi et Usul sur Blast), sur le site « Les mots sont importants » (animé de longue date par Sylvie Tissot et…

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Auteur: ugopalheta