Le saviez-vous ? L’inventeur de la pétition est aussi celui de la guillotine. La première trace de cette réclamation écrite en France date du 8 décembre 1788, quand le docteur Joseph-Ignace Guillotin rédigea la « Pétition des citoyens domiciliés à Paris », qui demandait le doublement des voix du Tiers État aux États généraux. Bientôt 237 ans plus tard, la pétition qui demande l’abrogation de la loi Duplomb approche les 2 millions de signatures.
Un record « exceptionnel », estime Jean-Gabriel Contamin, chercheur en sociologie des mobilisations à l’université de Lille, car cet outil a jusqu’à présent surtout été « utilisé par les parlementaires dans leur lutte contre l’exécutif », et rarement par les citoyens pour « faire pression sur le législateur ». Telle la pétition contre la Brav-M, fortement relayée par La France insoumise en 2023, qui détenait le record de signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Elle avait fini classée par la commission des lois malgré plus de 263 000 soutiens.
Un droit dangereux pour les puissants
À ses origines, le droit de pétition a été formellement adopté le 14 décembre 1789, quelques mois après le début de la Révolution, par un décret établissant que les citoyens pouvaient adresser « des pétitions soit au corps municipal, soit aux administrations des départements et des districts, soit au corps législatif, soit au roi », rappelle France Culture.
Une loi passée en 1791 enfonça le clou en précisant que « le droit de pétition appartient à tout individu et ne peut être délégué ». Ce principe fut sanctuarisé en 1793 dans la Constitution : « Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l’autorité publique ne peut en aucun cas être interdit, suspendu, ni limité. »
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Auteur: Moran Kerinec

