De La Soul n’est pas mort



De La Soul en concert au Zénith de Paris, le 4 octobre 2024.

Il y a une dizaine d’années est apparu un slogan : « Le rap, c’était mieux avant. » Décortiqué dans des podcasts ou sur des chaînes YouTube, imprimé sur des tee-shirts, celui-ci est incanté par les nombreux fans de hip-hop qui déplorent les transformations contemporaines de cette musique : absence de conscientisation du rap d’aujourd’hui, disent-ils, utilisation parfois excessive d’effets sur les voix, manque d’engagements dans les paroles, manque d’humour également et, enfin, individualisation des créations alors que le rap des premiers temps n’aurait été qu’effort collectif et communautaire.

Nostalgie des quadragénaires et quinquagénaires, ce rap des premiers temps se trouve alors incarné par de nombreux groupes, éclos à la fin des années 1980, dont De La Soul, qui sera en concert à Paris le 4 octobre. Originaire d’Amityville, petite cité de la presqu’île de Long Island à proximité de New York, le groupe est né, comme bon nombre de ses pairs, dans un lycée. Là, se rencontrent trois adolescents qui, après les cours, bidouillent des sons, coupent et agencent des échantillons.

Avec leurs noms de scène Trugoy The Dove, Posdnuos et Pasemaster Mase, les trois ados deviennent De La Soul et s’attirent les faveurs d’un producteur, Prince Paul, qui les accompagnera sur leurs trois premiers disques. 3 Feet High And Rising, l’album inaugural de De La Soul connaîtra un succès immense, avec pour figure de proue le single Me Myself and I, contenant un sample reconnaissable entre mille signé Funkadelic. 

À sa sortie en 1989, ce premier album place les trois artistes dans une position à part dans le…

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Auteur: Pauline Guedj

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