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Récemment retourné sur la côte des Havres (Manche), Adrien Guibert, 36 ans, a eu « du mal à reconnaître » le camping où il se rendait avec ses parents. « C’était un camping trois étoiles assez grand, mais qui conservait une ambiance familiale, se souvient le fonctionnaire territorial dans le patrimoine, habitant d’Avranches. Aujourd’hui, il s’est totalement transformé. Il est monté en gamme en obtenant une quatrième étoile. La simple piscine que j’avais connue est devenue un véritable parc aquatique avec plusieurs toboggans. »
Ce cas est loin d’être isolé. La France, championne européenne de l’hôtellerie de plein air, abrite 7 450 campings. En 2023, ce mode d’hébergement a enregistré le nombre record de 142 millions de nuitées, en hausse de 4,4 % par rapport à 2022. Mais le secteur est aussi en pleine métamorphose, caractérisée par une montée en gamme, une multiplication des mobil-homes et la montée en puissance de grands groupes financiarisés.
Les « locatifs » désormais majoritaires
Difficile désormais d’échapper à ces sages alignements de maisonnettes de plastique blanc qui grignotent les parcelles en herbe. En 2023, 49 % des emplacements étaient équipés de « locatifs » — mobil-homes, chalets et autres lodges, contre 29 % en 2011. Ce mode d’hébergement est aussi devenu majoritaire en nombre de nuitées : 66,3 millions en 2023, contre 52,6 millions en emplacements nus.
Le camping Bel-Air à Pornichet (Loire-Atlantique), qui se targue d’être le plus vieux de France car fondé en 1936, ne compte plus que 23 emplacements nus pour 273 locatifs. Au domaine du Clarys, à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), il n’est carrément plus possible de planter la tente : les vacanciers, jusqu’à 2 000 en été, sont installés dans…
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Auteur: Émilie Massemin

