Beaucoup de bruit pour rien. La proposition de loi d’initiative sénatoriale visant à lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur aura pourtant beaucoup fait parler d’elle, depuis son adoption à l’Assemblée nationale, le 7 mai. Ce, notamment, pour une raison sémantique épineuse qui concerne une formation incluant « les formes renouvelées de l’antisémitisme définies par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste [IHRA] ».
Une définition controversée dans ses exemples, à travers la confusion nourrie entre antisémitisme, soit la haine des juifs en tant que juifs, et antisionisme, soit la critique politique d’Israël. L’expression choisie par l’IHRA est celle-ci : « L’antisémitisme peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive ».
Concept instrumentalisé
Une proposition alternative, qui aurait pu faire l’objet d’un consensus politique, existe depuis 2021. Il s’agit de la déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme, rédigée par 400 universitaires, parmi lesquels des juifs israéliens. Pourtant, à l’issue de la commission mixte paritaire qui s’est prononcée ce mardi 27 mai sur la dernière version de loi, aucune définition de l’antisémitisme n’a été statuée.
Ce vide semble signaler le malaise d’un concept propice à être instrumentalisé à des fins politiques. Et interroge sur les dérives d’une répression des mouvements pro palestiniens, comme le craignent les insoumis : « C’est moins agressif qu’avec la définition de l’IHRA, mais ça reste dangereusement flou », considère Louis Boyard, député LFI.
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Auteur: Juliette Heinzlef

