Avec la mort de Jean-Marie Le Pen et l’arrivée à la Maison Blanche du duo de l’apocalypse, Trump-Musk, on change de fascisme. Mais c’est plus que cela. Un changement d’époque. Le premier était un fasciste à l’ancienne, bien de chez nous, raciste, antisémite, colonialiste, tortionnaire quand l’histoire lui en donnait l’occasion, capable de tabasser une députée de gauche sur un marché, violent par le verbe comme par le geste. Contre lui, on pouvait dresser des « fronts républicains » et des « cordons sanitaires ». Il est mort en nous laissant un legs politique que s’empressent de revendiquer la droite et l’extrême droite : la haine des immigrés, et la quête éternellement coloniale de la nation ethniquement pure. Mais, Dieu merci, il n’a jamais eu le pouvoir.
Trump est comme Chaplin dans Le Dictateur, jonglant avec le globe terrestre, ivre de puissance.
À l’inverse, Trump et son Docteur Folamour sont gorgés de pouvoirs. Ceux du dollar et de la high-tech. Ils ont en commun de porter sur le visage l’arrogance joyeuse de la puissance mondialisée. À leur propos, on parle de « populisme ». Un doux euphémisme. Musk nous dit sa vérité quand il soutient l’extrême droite allemande et tente de déstabiliser le premier ministre britannique. À distance, il peut s’ingérer dans toutes les campagnes électorales. Mieux que Poutine. Il paraît insaisissable. Manifesterait-on contre lui qu’il n’en aurait cure. Il peut tout se payer : des réseaux sociaux qui inondent le monde ou l’âme de Marc Zuckenberg qui ne valait visiblement pas cher. Au fond, c’est la démocratie qu’il se paye. Et la vérité, qu’il peut tordre et distordre à sa guise. Il fait équipe avec un acolyte de son acabit qui s’apprête à jurer sur la Bible le 20 janvier.
Auteur: Denis Sieffert

