Vimoutiers (Orne), reportage
Le 20 avril, un flux continu de camions-citernes de lait animait le site industriel de la Solaipa, filiale du groupe Lactalis à Vimoutiers, dans l’Orne. Mais aucun d’entre eux n’y faisait le plein, alors que les lieux comprennent une station-service. Pourquoi ? Car plus d’un mois plus tôt, le 16 mars, la présence de traces d’hydrocarbures a été constatée par les gendarmes et pompiers locaux en surface de la Vie, la rivière qui coule en contrebas.
À proximité de cette usine, symbole de l’industrie laitière d’une région où les communes portent des noms de fromages comme Camembert et Livarot, trois employés ont confirmé à Reporterre que l’essence n’y était plus distribuée et que les camions de lait se réapprovisionnaient actuellement à la station-service de la commune. Contactés par Reporterre, l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie locale ont confirmé qu’une enquête était bien en cours.
Car, si Ouest-France a brièvement relaté l’épisode sans faire le lien avec cette usine spécialisée dans la transformation du lait en ingrédients (notamment de la poudre de lactosérum), les témoignages recueillis par Reporterre indiquent que les fuites d’essence proviennent bel et bien de la station-service du site.
Pistolets défectueux
Des témoignages corroborés par une note de service interne que Reporterre s’est procurée, qui indique que deux pistolets défectueux de la station-service ont répandu de l’essence dans la nature pendant une durée indéterminée, contaminant la rivière le long du site et une partie des réseaux d’eau fluviale.
« Cela a été signalé par des chauffeurs et l’épisode a duré au moins plusieurs semaines », déclare un employé de la Solaipa, sous couvert d’anonymat. Si cette source évoque des centaines de litres d’essence déversées dans les sols et la rivière, impossible de savoir précisément les…
Auteur: Guy Pichard

