L’alerte a été largement relayée dans les médias en 2025. Notre alimentation serait largement contaminée par l’hexane, un solvant dérivé du pétrole utilisé dans l’industrie pour l’extraction de l’huile. Tour à tour, une étude publiée par Radio France, un livre du journaliste d’investigation Guillaume Coudray et un rapport de Greenpeace ont dénoncé les risques liés à cette substance à effet neurotoxique, et sa présence dans l’huile, le beurre, le lait et la viande.
Faut-il s’inquiéter ? L’association de consommateurs UFC-Que choisir n’en est pas convaincue. Peu suspecte de complaisance vis-à-vis des pratiques de l’industrie agroalimentaire, elle publie une contre-enquête fouillée dans son magazine de janvier. Elle y pointe des conflits d’intérêts ayant pu gonfler l’alerte et questionne la crédibilité de certaines analyses. Le titre en couverture du magazine va jusqu’à mentionner « une manipulation ».
Une contamination présente, mais pas généralisée
L’UFC-Que choisir a mené ses propres tests. À rebours des autres études, elle n’a trouvé de traces d’hexane que dans 2 produits sur 72 analysés. Qui a tort ? Qui a raison ? Sans nier les difficultés propres à ce type d’analyses (méthodologie, choix du laboratoire, limites de détection…), Elsa Abdoun, autrice de l’enquête, résume : « Nous ne disons pas qu’il n’y pas d’hexane dans l’alimentation, mais les données publiées pour conclure à une contamination très large ne semblent ni fiables ni cohérentes. »
L’enquête s’étonne par exemple que les études concurrentes aient largement détecté de l’hexane dans de l’huile d’olive, dont la production ne nécessite pas ce type de solvant. L’UFC-Que choisir penche soit pour des contaminations accidentelles, par exemple pendant l’emballage, soit pour des erreurs d’analyse.
Ses doutes sont renforcés par le rôle d’une société commerciale…
Auteur: Benjamin Douriez

