Dans la certitude de leur suprématie hégémonique, les États-Unis flanqués de leurs alliés tout aussi complices, se sont lancés dans la destruction systématique de tout un pays. Aucun mot ne pourra dire ni traduire l’horreur que les habitants ont enduré depuis. Sans même compter le nombre exact des victimes – qui s’embarrasse en Occident d’un décompte précis dès lors que ces pays nous sont présentés comme « barbares » – la majorité de ses citoyens ont tout perdu. Et le pays a été, comme promis par les funestes promoteurs de ces crimes, ramené à l’âge de pierre.
Voyez notre suprématie s’étaler dans toute sa splendeur, et tentez de ressentir et comprendre le regard de ces enfants traumatisés à jamais, en imaginant que ce seraient les vôtres.
La France de l’époque, quelque peu esseulée parmi les pays occidentaux, avait dénoncé ce recours délibéré à la force, dès lors qu’aucune preuve probante n’avait pu conclure aux affirmations de Washington. Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, et le président Jacques Chirac avaient résisté malgré les pressions exercées sur eux en coulisses. L’image de la France s’en était d’ailleurs trouvée magnifiée en bien des endroits du monde, ce qui n’est plus de mise aujourd’hui, que du contraire, depuis que Nicolas Sarkozy s’est aligné docilement sur la politique atlantiste. Sacrée leçon pour ceux qui tentent de comprendre les tenants et aboutissants des faits.
Après les quelques premières années de cette dévastation, une voix, parmi d’autres, m’avait interpellé lors de cette tragédie. Une voix de femme. La voix irakienne de Layla Anwar que j’avais relayée dans mon livre La Démocratie Mensonge (2008) et dont je veux rappeler les propos d’une actualité brûlante :
Le blues d’une femme arabe
Pas de passé, pas d’avenir…
Y a-t-il quelque chose en Irak, que les Américains n’aient pas détruit ?
La moindre chose ?
Et vous osez vous étonner que je vous déteste tellement…
Et vous avez l’audace de venir sur mon blog pour m’interroger sur mes origines, ma résidence, mes idées, mes racines, mon sentiment d’appartenance…
Quelle sorte de race êtes-vous ? Quelle sorte de gens êtes-vous ?
Oui. J’ai dit, gens, et pas, gouvernement. Je ne suis pas politiquement correcte. Votre gouvernement fait partie de vous et vous en faites partie. Que cela vous plaise ou non. Et ne venez pas me raconter dans votre style penaud que je ne connais que trop bien : « Oh, mais je n’ai pas voté pour…
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Auteur: Daniel VANHOVE Le grand soir

