Immédiatement après l’effondrement du régime de Bachar el-Assad, dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 décembre, on apprenait que l’aviation israélienne avait bombardé 310 cibles en Syrie.
Ces cibles étaient des aéroports, des avions, des hélicoptères, des dépôts de munitions, des stocks d’armes chimiques, des batteries de DCA, des usines de production d’armes chimiques, des ports, des navires, des centres de commandement, des chars, etc.
Parallèlement, l’aviation américaine frappait 75 cibles en Syrie, en utilisant des B-52 (bombardiers stratégiques), des A-10 (avion d’appui au sol) et des F-15 (chasseurs-bombardiers). C’est-à-dire une gamme complète d’aéronefs.
Remarque 1. Ces bombardements ont eu lieu sans opposition, du fait que l’armée syrienne s’était volatilisée devant l’avancée des rebelles au régime et que ces derniers, d’une part n’avaient pas les moyens de riposter, d’autre part avaient autre chose à faire : en gros, consolider leur victoire.
Remarque 2. Ces bombardements, curieusement, ne visaient pas une entité ennemie (puisque le régime avait cessé de combattre) mais des matériels ou des équipements. Et, d’autre part, elles ne visaient pas non plus les rebelles, puisque ceux-ci, objectivement, favorisaient les desseins des Israéliens et des Américains – en les débarrassant d’un adversaire stratégique – car allié à la Russie et à l’Iran.
Remarque 3. Ces bombardements (présentés comme « préventifs ») étaient destinés à empêcher les armements de Bachar el-Assad d’être utilisés par d’éventuels futurs adversaires (le Hezbollah du Liban, les Houthis du Yémen, des groupes terroristes du genre Al-Qaida).
Remarque 4. Cette attaque « préventive » n’est pas sans rappeler une attaque de même type, perpétrée il y a plus de 84 ans : celle de la flotte française par la flotte britannique, du 3 au 6 juillet 1940, dans la rade de Mers-el-Kébir, en Algérie. Cette attaque…
Auteur: Philippe ARNAUD

