À l’échelle mondiale, la gauche est confrontée à un débat stratégique sur la manière de répondre à la montée réactionnaire actuelle. La réponse dépend de la façon dont nous caractérisons cette période, de ce que nous entendons par « extrême droite » et du type d’unité politique que nous jugeons nécessaire pour y faire face. En Argentine, le débat prend de l’importance face à la détérioration progressive du gouvernement de Milei. Avant d’aborder le cas argentin, il convient toutefois de situer le phénomène à l’échelle mondiale.
L’extrême droite progresse partout dans le monde à un rythme inégal mais soutenu. Elle n’est pas invincible, comme le prouve la récente défaite électorale de Viktor Orbán en Hongrie, mais il ne s’agit pas non plus d’un phénomène purement conjoncturel. Lors des dernières élections au Parlement européen, si l’on additionne ses différentes familles politiques, l’extrême droite est devenue la deuxième force du Parlement, à seulement un siège de la droite traditionnelle regroupée au sein du Parti populaire européen.
En France, le lepénisme a pour la première fois de réelles chances d’accéder à l’Élysée. En Italie, Meloni gouverne depuis 2022 avec des taux de popularité soutenus, tandis qu’en Allemagne, l’AfD a brisé le cordon sanitaire en place depuis l’après-guerre pour devenir la deuxième force nationale. Au Royaume-Uni, Reform UK est en tête des sondages pour la première fois de son histoire. Trump dirige la première puissance mondiale avec un programme explicite de refonte autoritaire de l’État et soutient sans détour ses alliés d’extrême droite dans le reste du monde.
En Amérique latine, bien que le bolsonarisme ait été chassé du pouvoir il y a trois ans et que Lula ait depuis lors amélioré les indicateurs sociaux clés, avec une croissance de l’économie et de l’emploi ainsi qu’une reprise des revenus populaires,…
Auteur: ugopalheta

