Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique, elle livre astuces et réflexions parce que jardiner… c’est politique.
Ce jeune pêcher, on le surveillait depuis quelque temps déjà. Il est le premier à donner, sur toute la série de variétés que nous avons plantées. Elles nous promettent des pêches de juin à septembre, toute une continuité de délices au cours de l’été. Pendant des jours, des semaines même, nous jetons des coups d’œil régulièrement. Les premiers fruits sont presque prêts, on les goutte, on se délecte, on se pourlèche en avance de l’arrivée des suivants. Puis, je suis partie quelques jours rejoindre la rédaction parisienne. Et à mon retour, il n’y avait plus que des pêches pourries.
Le jardinage est ainsi fait, de moments de patience infinie, d’attente, d’observation, puis d’accélération. Il faut agir, maintenant ou jamais. Récolter vos kilos de légumes et fruits mûrs, vite en profiter, les transformer, les conserver avant qu’ils ne soient plus bons que pour le compost.
Ces dernières semaines, c’est un peu le même sentiment que j’éprouve côté politique. Depuis que j’habite dans mon village cévenol, j’observe les voix se diriger vers le RN. Je me suis toujours dit qu’il faudrait que je trouve comment lutter contre cela. Et que j’avais le temps. Puis, à l’annonce de la dissolution par Macron, il a fallu courir pour éviter que tout ne pourrisse. On a sauvé une partie de la récolte, certes, écarté le pire. Mais on le sait, on ne peut réitérer ainsi à chaque élection.
Aller à l’affrontement n’est pas la solution
Jusqu’ici, j’avais repoussé le moment d’agir, car aller à l’affrontement ne me semble pas être la solution. Tenir des discours féroces et clivants est possible quand on est loin de l’adversaire. Pas quand c’est le voisin avec lequel vous partagez un territoire – échangez des plants de…
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Auteur: Marie Astier

