Depuis le 24 septembre 2025, j’attends sur un banc, de 9 heures à 19 heures. J’attends un rendez-vous avec le directeur de cabinet du ministère des Affaires étrangères, pour réclamer la reprise de l’accueil des Gazaouis, gelé depuis le 1er août, et plaider la cause de mon amie, la poétesse Alaa Al-Qatrawi.
Sur mon banc, j’entends que le ministère serait disposé à reprendre les accueils. J’entends que le refus viendrait désormais des autorités israéliennes. Ces informations sont probablement vraies. Mais comment se fait-il que toutes ces autorités décident sans la moindre consultation démocratique, qui doit vivre et qui doit mourir ? A quel moment les Gazaouis ont le droit de partir, et à quel moment ils doivent rester ?
On m’a raconté que certains Gazaouis avaient refusé d’être évacués, car les autorités françaises leur demandaient de laisser leur famille sur place. Autrement dit, de les laisser mourir et de partir le cœur léger vers une nouvelle vie pleine de promesses. J’ai le cœur lourd d’entendre ces récits où le droit et la justice sont bafoués. En ces temps de tragédies, il faut garder la tête haute et le cœur droit.
Verbalisé pour « manifestation non déclarée »
Au deuxième jour du « banc pour Gaza », avec un ami, nous avons mis une banderole portant l’inscription : « Monsieur le ministre, reprenez l’accueil des Gazaouis. » En quelques minutes seulement, deux brigades sont intervenues, et nous avons été encerclés par une dizaine de gendarmes. Nous avons refusé d’enlever la banderole, et ils nous ont verbalisés pour « manifestation non déclarée », retirant au passage l’objet du délit. Nous étions deux. Les forces de l’ordre nous ont demandés alors de quitter les lieux. Ce à quoi j’ai répondu, non sans une pointe d’ironie, que nous avions encore le droit de nous asseoir sur un banc public.
« Dans ce cas, sachez que toutes les caméras…
Auteur: Mathieu Yon

