Les COP sur le climat se succèdent, et parfois se ressemblent. Depuis le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et la signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, jusqu’à la COP28 qui se déroule jusqu’au 12 décembre à Dubaï, la communauté internationale cherche à construire une politique globale de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Avec une constante dans les négociations : la prévalence des enjeux géopolitiques et géoéconomiques entre puissances, avec des passions qui se sont exacerbées, un ressentiment des pays du Sud, et des guerres meurtrières qui ne pourront que fragiliser une diplomatie déjà bien compliquée.
Un monde divisé en deux blocs
En 1992, la Convention a officiellement scindé le monde en deux, une première sous les auspices onusiens. D’un côté, les pays industrialisés, dits « Annexe 1 », tenus pour responsables du changement climatique. D’un autre côté, les pays en développement, Chine comprise, dits « non-Annexe 1 ».
Cette partition sera érigée comme principe conducteur des futures négociations. La Convention a gravé dans le marbre le « principe des responsabilités communes mais différenciées », au titre duquel seuls les pays du Nord devaient initialement s’engager à réduire leurs émissions. Ce principe n’est pas tombé du ciel : il est le résultat d’une lutte de longue haleine du Sud, avec un leadership fort de la Chine.
À peine signée, les États-Unis manifestaient déjà leur profonde réticence à son égard. Ils ont fait inscrire noir sur blanc dans le rapport officiel de Rio qu’ils s’en désolidariseraient s’il venait à être interprété comme une reconnaissance d’obligations internationales de leur part et, de surcroît, impliquer une quelconque « diminution des responsabilités des pays en développement ».
À la COP1 de Berlin en 1995, alors que débutaient les pourparlers pour un…
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Auteur: Michel Damian, Professeur honoraire, Université Grenoble Alpes (UGA)

