Il devient de moins en moins douteux que Dominique de Villepin va se présenter à l’élection qui doit venir, dans un ou deux ans – puisque nous vivons des temps où les calendriers ne sont plus fiables et où les fruits et les légumes n’ont plus de saison. C’est en tous cas l’hypothèse qui sera explorée dans cette chronique qui inaugure, on l’espère, une nouvelle rubrique de comptoir pour lundimatin.
En l’écoutant parler, on se rend compte de sa verve et de sa fougue, de son sens de l’honneur et de son amplitude. Chacun sait qu’il est le Lancelot qui n’a pas posé au Graal sa question et qui attend, en se rongeant, depuis lors, que le Graal ne repasse. De Villepin incarne-t-il un passé qui se couche, dernier flamboiement à l’horizon d’une histoire qui n’est déjà plus la sienne ; ou se présente-t-il, au contraire, comme l’inventeur tenace d’un faire politique adapté aux circonstances héroïques qui s’annoncent ? Est-il de ces grands spectres qui hurlent fort lorsque l’oubli s’apprête à les refouler ou l’un de ces outsiders qui, après, une campagne en exil au-delà des eaux, reviennent avec la force exotique du dehors pour devenir le centre au dedans ? Mon hypothèse de chroniqueur est dialectique – chacun sait qu’une hypothèse dialectique se permet de soutenir deux idées contraires comme s’il s’agissait d’une seule bien bonne idée cohérente et finaude. Je dis que De Villepin occupe la même place, en France, d’un point de vue mythologique et symbolique, que Donald Trump aux États-Unis. Hein ? De Villepin = Trump ? Vous êtes tombé sur la tête ? Non. Voyons plutôt.
De Villepin en tant qu’incarnation politique, soit image spectaculaire de plateaux télé et parole publique médiatisée, est la version française, made in french fries, de la posture de Trump aux États-Unis. Un pays a deux constitutions. Sa constitution politique et sa constitution juridique. La constitution…
Auteur: dev

