Ils ne l’ont pas vu venir. En prenant la parole lundi matin, pour parler budget, le premier ministre a proposé une idée surprise, hors des sentiers parlementaires. Elle est accueillie froidement. De quoi s’agit-il ? Constatant le rejet de la partie recettes du budget par les députés, qui n’ont donc pu se pencher sur les dépenses par ministère, Sébastien Lecornu tente « une méthode un peu différente » : organiser, « en marge » des débats au Sénat, qui va commencer l’examen du projet de loi de finances (PLF) à partir de jeudi, des rencontres avec tous les groupes politiques, ainsi que des débats thématiques, suivis d’un vote, selon l’article 50.1 de la Constitution. Ces débats et ces votes n’engagent pas le Parlement. Il s’agit uniquement de prendre position.
« L’heure n’est pas à la dispersion, aux initiatives intempestives »
Le premier ministre met cinq thèmes sur la table, sur lesquels les forces politiques sont priées de se « positionner » : déficit, décentralisation, énergie, agriculture et sécurité/défense. Sébastien Lecornu espère ainsi constater les points d’accords entre formations, et faciliter la recherche d’un accord, in fine, sur le budget.
A la Haute assemblée, qui va sans nul doute examiner la partie dépenses du budget, c’est peu dire que l’idée passe mal chez les LR. « L’heure n’est pas à la dispersion, aux initiatives intempestives », a sèchement rétorqué lundi le rapporteur…
Auteur: François Vignal
