L’urgence écologique nous invite à faire le tri entre nos besoins essentiels – dont il faut chercher à réduire les impacts environnementaux – et les activités superflues, dont il faut réussir à se passer. La cuisson des aliments, source de plaisir au quotidien mais surtout nécessaire à notre survie, fait à l’évidence partie de la première catégorie. Les habitants des pays occidentaux utilisent pour cela le plus souvent des plaques électriques, des plaques à induction ou des brûleurs à gaz. Ces dispositifs peuvent avoir des impacts écologiques conséquents, que ce soit lors de la phase de construction (activités minières, rejets industriels, énergie, etc.), mais également – et surtout – lors de la phase d’utilisation, en particulier lorsque l’énergie utilisée est d’origine fossile.
Afin de répondre à cette problématique, certaines personnes utilisent différents dispositifs de cuisson solaire, dont le plus commun est le concentrateur parabolique. À première vue, l’intérêt principal d’un dispositif solaire est son absence de consommation énergétique extérieure et d’émissions de gaz à effet de serre lors de son utilisation. Pour autant, cet objet est plutôt imposant par rapport à des dispositifs classiques, et on peut se demander si les impacts écologiques lors de sa phase de construction sont réellement compensés par l’absence d’impacts lors de la phase d’utilisation. Pour répondre à cette question, on peut utiliser « l’analyse de cycle de vie » (ACV), un outil normalisé qui permet d’évaluer les impacts environnementaux d’un procédé ou d’un objet, depuis l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu’à sa fin de vie.
La démarche low-tech
Néanmoins, quantifier des impacts environnementaux n’épuise pas la question de l’évaluation des technologies. Pour penser les objets techniques, leur place dans la société, leur lien avec les…
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Auteur: Julian Carrey, Enseignant-chercheur à l’INSA Toulouse. Physicien., INSA Toulouse

