Décarbonisation du fret : un accord fumeux

« Nous changeons la donne ! » s’est exclamé Emmanuel Macron sur Twitter le 7 juillet. Peu avant, l’Organisation maritime internationale (OMI), regroupant 175 pays, avait adopté une « stratégie » visant à réduire les émissions polluantes du fret maritime. Pour rappel, les navires de fret sont propulsés au fioul lourd. Responsable de plus de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce fret pollue autant que le trafic aérien. Débattu lors de la Commission de protection de l’environnement marin à Londres, le texte ne satisfait pas les organisations environnementales. Et pour cause : ses objectifs sont non contraignants. L’accord international vise à diminuer les émissions de gaz à effet de serre « d’au moins 20 %, en essayant d’atteindre les 30 % d’ici à 2030 par rapport à 2008 », puis « d’au moins 70 % d’ici à 2040 », pour viser « la neutralité carbone pour le fret maritime international en 2050 », explique l’OMI. Mais, ces objectifs « indicatifs » déçoivent les ONG écologistes, qui demandaient une baisse de 50 % d’ici à 2030 et la neutralité carbone pour 2040. Alors que, de son côté, l’accord de Paris de 2015 impose une baisse des émissions d’au moins 36 % pour 2030, les premières mesures de l’OMI sont attendues pour 2027. Pour John Maggs, de l’ONG Clean Shipping Coalition, « le niveau d’ambition convenu est bien en deçà de ce qui est nécessaire pour être sûr de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C, et le texte semble avoir été conçu pour être vague et sans engagement ».

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Auteur: Politis

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