En préparant la programmation de décembre–janvier, le Spoutnik n’a pas cherché à faire un “cycle militant” ou une affiche politique évidente.
L’idée était plutôt simple : proposer des films qui rassemblent. De l’animation. Des 90’s. Des classiques un peu cultes. Des choses qui donnent envie de sortir, de se retrouver, de refaire collectif en plein hiver.
Mais même quand on cherche la convivialité, les questions politiques ne disparaissent pas. Elles reviennent directement dans les films qu’on choisit, même quand on les choisit pour d’autres raisons.
Dans Bouchra, il y a la diaspora, les tensions familiales, un coming-out queer mis en scène par deux artistes qui bricolent entre Casablanca et New York.
Dans Sirens Call, on traverse une Amérique qui s’effondre et un personnage queer qui doit tenir dans un monde qui n’offre aucune place stable.
Les moyens-métrages Comment ça va ? et Défaillance Critique parlent, chacun à leur manière, de nos manières fatiguées de vivre ensemble, de tenir à bout de bras des formes de sociabilité qui craquent de partout.
Rien de “neutre” là-dedans. L’écran ici n’est pas neutre.
Les films amènent les questions, même sans les annoncer.
Le focus Maryam Tafakory : archives iraniennes post-révolution, censures, gestes interdits, désirs illégitimes. Tafakory ne “commente” pas l’histoire : elle montre ce que l’État a tenté de rayer. Son cinéma tient de la fouille politique.
Même le cycle US90’s, pensé comme moment un peu populaire, ramène la politique sur la table :
Do the Right Thing sur les violences policières.
The Watermelon Woman, film pionnier afro-lesbien.
But I’m a Cheerleader, contre les thérapies de conversion.
The Craft, qui met en scène racisme, misogynie et auto-défense adolescente.
Ces films ne deviennent pas soudain “soft” parce qu’ils datent des années 90. Ils restent traversés de luttes.
Et l’animation ?
Elle n’adoucit rien non…
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