De Marseille au Sud, à Arques dans le Nord, de Nantes à l’Ouest, à Montbéliard à l’Est, de nombreux déchets se sont accumulés, et par endroit s’accumulent encore, sur les trottoirs. À Paris, la barre des 10 000 tonnes d’ordures jonchant les rues a été franchie vendredi 17 mars.
Ce chiffre, avec les réquisitions de personnel, est redescendu dimanche 26 sous les 8 000 tonnes mais la baisse pourrait n’être que temporaire avec un mouvement de grève des éboueurs qui pourrait s’étendre aux prestataires privés. Certains habitants, dans le 16e arrondissement notamment, ont aussi décidé de se cotiser pour assurer un ramassage par des prestataires privés. Les déchets servent aussi parfois de combustibles à des manifestants.
Les pompiers ont dû intervenir à plusieurs reprises pour des déchets en feu.
Timothée David, CC BY
Pour certains, ce nouveau paysage urbain pourrait aussi faire réaliser les volumes importants de déchets que nous produisons, dont nous n’avons pas forcément conscience. En effet, en temps normal, nos poubelles sont vidées régulièrement, ce qui nous empêche de visualiser correctement la quantité produite. À observer, sur les avenues, de nombreux contenants de repas de livraison, d’emballage ou de bouteilles plastiques, Melisandre Seyzériat, coordinatrice générale de l’association Zero Waste Paris, a invité, sur BFM Paris, à assimiler que « ce sont des ordures très facilement évitables », par exemple, en remplaçant des bouteilles par des gourdes.
Un autre phénomène pourrait cependant jouer en sens contraire. Plutôt que d’être choqués par la quantité d’ordures produites par chacune et chacun, certains individus pourraient s’habituer à leur présence et cela pourrait enclencher un cercle vicieux que la recherche a nommé « broken windows theory ».
Quelle nouvelle norme ?
C’est dans une tribune de 1982 que le criminologue George L. Kelling et le politologue James Q. Wilson introduisaient aux États-Unis, pour la première fois, ce concept. Il désigne une situation dans laquelle la présence de détériorations dans l’espace public favoriserait les comportements non civiques. Une simple « fenêtre cassée », pour reprendre le nom donné à ce phénomène, ouvrirait la voie à des transgressions plus graves. Plus le sol sera jonché de papiers par exemple, plus les…
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Auteur: Angela Sutan, Professeur en économie comportementale, Burgundy School of Business

